Trop de Zef (2023)

Texte-concert de Cédric Jaburek, Lauréat 2020 du Comité de Lecture du Val-de-Marne, présidé par Louise Doutreligne.

(en cours de création)

Une tempête est annoncée, des précaires doivent monter sur la « génie » pour décrocher des Pères Noël en plein vent… reviennent souvenirs d’autres travaux dans le métro et révoltes de travailleurs et de réfugiés détenus… jusqu’à une « évasion » inattendue… Une plongée humoristique, tendre et féroce dans le monde des « mercenaires des petits boulots ». Un texte-concert drôle et surprenant sur « les invisibles » avec 2 comédiens et 4 musiciens en live…

De Cedric Jaburek
Mise en scène par Jean Luc Paliès

Distribution

Philippe Risler ou Alain Guillo
Oscar Clark (slam, rap et musiques crées)
Emilien Gillan (slam, rap et musiques crées)
Bidou (slam, rap et musiques crées)

Cédric Jaburek: Auteur
Jean Luc Paliès: Mise en scène
Jean Maurice Dutriaux: Régie et Lumières
Influenscènes et LNP: Collaboration artistique

Soutiens: Région Île-de-France, Conseil Départementale 94, Ville de Fontenay-sous-bois, fonds de solidarité Fontenay Solidaire et EAT (écrivains associés du théâtre).

note de l’auteur

Trop de zef est une histoire vraie : tout ce que j’y raconte s’est réellement passé et si non, je l’ai rêvé ainsi. Pendant plus de dix ans, j’ai enchaîné des chantiers éphémères ou interminables, de demi-vacation en demi-vacation, essayant de gratter des heures avec mes collègues d’infortune sur des patrons avides, embauché au jour le jour, la nuit aussi. Dix ans à tremper mon t-shirt en chargeant des semi-remorques ou à taper la ferraille à m’en rendre sourd. J’ai découvert une richesse humaine, d’autres façons de parler et un réservoir d’histoires à raconter. Loin de tout misérabilisme, j’ai voulu rendre compte de l’humour et de la fantaisie qui rendent les chantiers supportables, et donner une existence à ces garçons qui, sous les dehors de brutes rêvent de tendresse et de reconnaissance et cachent une furieuse envie de liberté. Le texte a son rythme propre. Le bruit des outils, les accents, les éclats de voix, la colère, les rires, tout cela est très musical. Jean-Luc Paliès ne s’y est pas trompé en faisant accompagner le jeu par quatre musiciens. Ils ont écrit une partition juste et drôle, une vraie bande son qui accompagne les deux comédiens pétillants qui font ressortir la connivence des chantiers. La Compagnie Influenscènes réussit, grâce à une mise-en-scène intelligente et une interprétation enlevée, à donner vie avec panache aux travailleurs de l’ombre auxquels j’ai voulu rendre hommage.

note d’intention de mise en scène et scénographie

C’est un drôle de texte que Cédric Jaburek a écrit là… beaucoup plus profond qu’il n’y paraîtrait à première vue… un croisement entre du « ken loach « à la française et du « Vinaver » à l’ anglaise (mais non c’est autre chose !) au bord de l’humour, parfois sombre, mais jamais noir !… C’est assez rare sur nos scènes d’entendre ces propos réjouissants de la réalité du travail et de la révolte des précaires… sans misérabilisme aucun… au contraire, élevés au rang d’une véritable dignité poétique… Pour cette version pupitre oratorio/concert assez particulière j’ai donc appliqué la méthode des « Ouvriers de l’imaginaire »: faire confiance à l’équipe…aux interprètes/créateurs en action et en invention…en allant préalablement au fond des indications voulues par l’auteur tout en traduisant sans trahir l’ambiguïté et la diversité des paroles… d’où l’idée d’emblée de ce triple dialogue entre deux protagonistes d’une part et qui dialoguent, d’autre part, eux-mêmes avec un orchestre de 4 musiciens, chargé de représenter tous les personnages des équipes des chantiers ( d’où les casques blancs…) et un chef, œuvrant d’une nacelle suspendue jusqu’aux profondeurs du métro… et aussi des éléments de nature comme le vent, la nuit, la peur, la séduction, la transpiration, les grillons, le bruit, la sueur, la fatigue … et Noël ! La scénographie orchestrale s’avère comme une évidence et la présence gonflante du Père-Noël qui flotte au-dessus de tout ça, (comme à la fin le narrateur) jouant le rappel prosaïque d’une réalité complètement re-imaginée et ré enchantée…